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Benguela

Un dialogue entre

ANTONIO OLE (de Angola) 

et GAVIN YOUNGE (d’Afrique du Sud)

BENGUELA

« Memory, war, loss, oil, climate – all proximate and shared intimacies that bind our two countries. Since the cold, nutrient-rich Benguela Current links our two countries, we have called our intervention BENGUELA » Gavin Younge 

Video still “Curating the Waves”. 2002/07. 9’10″ colour.

Antonio Ole et Gavin Younge se sont rencontrés en 1995 lors de la Biennale de Johannesbourg et en 1997 autour du projet « Memorias Intimas Marcas » (marques intimes de mémoires), exposition multimédia itinérante sur le thème de la guerre angolaise.

Les deux artistes marqués par la guerre civile, ses morts et ses survivants explorent ses blessures et ses conséquences sur la mémoire culturelle. Ils posent ainsi, par leurs écritures plastiques les jalons d’une histoire de l’Afrique propice à la réflexion et à l’interrogation.

Installations, sculptures, vidéos ou photos sont des réponses artistiques apportées à la guerre et à la violence liées à l’histoire de l’Angola et de l’Afrique du Sud.

Ces réponses, se veulent aussi des expériences in situ : pèlerinage dans les lieux dévastés pour Gavin Younge (Cuito Cuanavale en 1997 – Forces Favourites », parcours dans la ville dans les « zones limites » pour Antonio Ole qui constate dans les bidonvilles la pauvreté générée par la guerre.

Il a été peu souvent donné l’occasion au public français de découvrir les oeuvres de ces deux grandes figures de l’art contemporain africain dont les expériences esthétiques nous éclairent sur l’histoire de leurs pays.

Antonio Ole, né en 1951 est un artiste Angolais qui vit et travaille à Luanda. Bien qu’exposé dans de nombreux pays, il n’a jamais eu l’opportunité de montrer son travail en France, à l’exception d’Africa Remix et plus récemment au Musée Dapper.

Que ce soit par la guerre, l’esclavage, le colonialisme ou la pauvreté, son oeuvre puise dans l’histoire mouvementée de son pays.

Gavin Younge, né en 1947 est un artiste Sud-africain qui vit et travaille à Cape Town. A la fois Directeur de la Michaelis School of Fine Arts de Cape Town et professeur de sculpture, ses oeuvres nous parlent d’une Afrique du Sud en pleine mutation et de la violence politique sur la société. Profondément marqué par la guerre de l’Angola, Gavin Younge se pose la question de la matérialisation de la douleur alors qu’elle nous est extérieure.

Des deux artistes se dégage la recherche d’une prise de conscience alliée à un souci de régénérescence de l’histoire. Ils partagent, en outre, une grande similarité des thèmes traités, la pluridisciplinarité, un vocabulaire fondé sur les objets trouvés ou récupérés, des fragments porteurs d’histoire.

Nathalie Codjia-Miltat, Paris, 2011.

 

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Contact: Nathalie Codjia-Miltat

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